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NAVI RADJOU L’innovation frugale au service de la cité intelligente

Intelligente, frugale, astucieuse… l’innovation, dans tous ses états, était au cœur des débats lors de la conférence « Wise innovation » organisée à Singapour le vendredi 7 octobre, à l’initiative de la Chambre de Commerce (FCCS) et avec le support de Bolloré Blue solution. Au programme, une présentation de Navi Radjou, auteur de « Frugal Innovation- How to do better with less ».  Cerises sur le gâteau : 3 tables rondes consacrées respectivement aux stratégies d’innovation, à la mobilité intelligente (smart mobility), et à la globalisation intelligente (smart globalisation), ou à quelles conditions les « smart solutions » développées à Singapour peuvent être exportées ensuite vers d’autres pays-régions.

Navi Radjou s’est acquis une réputation internationale, comme consultant et conférencier, dans le domaine de l’innovation frugale, auquel il a consacré plusieurs livres parmi lesquels « Jugaad innovation » ou « Innovation frugale – Comment faire plus avec moins ». Intervenant à Singapour le 7 octobre 2016 dans le contexte de la conférence « Wise innovation- a journey  toward smart society » organisée par la Chambre de commerce française (FCCS) – sa présentation avait valeur de stimulant à la réflexion et aux échanges entre des participants venus de multiples secteurs de l’économie pour débattre de l’innovation au service de l’émergence d’une cité intelligente, efficiente et agréable à vivre.

Qu’est-ce que l’innovation frugale ? C’est, en substance, l’art de faire plus avec moins. Navi Radjou fait le constat que l’innovation mobilise souvent des dépenses extrêmement lourdes dont le retour sur investissement n’est pas toujours à la hauteur des attentes. En 2015 les dépenses de R&D cumulées aux Etats-Unis, en Europe et Asie ont représenté un investissement global de 6880 Milliards de dollars US. Mais, indique le champion de l’innovation frugale, ces dépenses sont souvent consacrées « à réinventer la roue » et ne débouchent pas, d’un point de vue systémique, sur des améliorations proportionnelles aux ressources mises en oeuvre. Ainsi, à titre d’exemple, les investissements dans la recherche médicale et pharmaceutiques aux Etats-Unis ne se traduisent-ils pas, dans les chiffres, par la baisse d’un indicateur aussi fondamental que celui de la mortalité infantile. Tout se passe, souligne Navi Radjou, comme si les dépenses de R&D fonctionnaient comme un vaste panier percé. La question propose-t-il est la suivante: pouvons-nous trouver des solutions pour réduire ces fuites ? Et s’il était possible, suivant l’inspiration d’un Lavoisier pour qui « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme », de considérer l’économie de manière circulaire et de faire plus avec moins, c’est à dire de concevoir des produits et services qui créent plus de valeur tout en consommant moins de ressources.

Né à Pondicherry, Navi Radjou a fait des études à l’Ecole Centrale de Paris et à Yale et vit depuis 1998 aux Etats Unis. L’avantage, indique-t-il, d’avoir grandi dans un pays émergent est qu’il y a été sensibilisé et entrainé dès le plus jeune âge à la pénurie ou la rareté des ressources, certaines aussi vitales que l’eau, et, par conséquent, à trouver des manières intelligentes de faire plus avec moins. Confronté aux insuffisances des efforts de Recherche & Developpement, Navi Radjou ,évoquant son parcours personnel, indique que, à ce stade, il a ressenti le besoin de se reconnecter avec ses racines ; celles d’un environnement dans lequel tout manquait, à l’opposé de celui dans lequel il vit aujourd’hui (à Palo Alto). Les pays émergents, à commencer par l’Afrique, constituent selon lui des territoires privilégiés pour la mise en œuvre d’innovations frugales, dont les résultats peuvent aussi, ensuite, être exportés vers les pays développés.

Faire plus avec moins. La formule met en équation la production de valeur (économie, social, environnement) et les ressources (capital, énergie, temps) mises en œuvre pour l’obtenir. Comme le suggère Navi Radjou, cette formule est intéressante mais pas révolutionnaire quand numérateur et dénominateur sont affectés d’un facteur 1. La démonstration prend une dimension totalement différente quand on imagine des facteurs 10, 100 ou 1000 ( Super disruptive innovation : produire 1000 fois plus de valeur en utilisant 1000 fois moins de ressources). Et Navi Radjou de citer des exemples illustrant la faisabilité de ce type d’innovation, tel qu’un dispositif conçu pour l’Afrique, (cf Photo ci-contre) permettant de remplir les mêmes fonctions qu’un incubateur pour les nouveaux nés prématurés, pour un coût de 20 US$ soit 1% du coût d’un incubateur (2000 US$).

Proposé aux participants à la conférence le concept de Wise innovation, selon Navi Radjou se distingue de sa consoeur, seulement smart, par le fait qu’il s’agit de « comprendre ce que l’on fait ». Un engagement qui invite à reconsidérer la pertinence d’un indicateur tel que le Produit National Brut qui ne prend pas en compte des aspects qualitatifs tels que le développement humain ou les aspects sociaux économiques, et à envisager l’innovation dans le cadre des smart cities, en mettant l’accent non plus simplement sur le confort matériel mais aussi sur la réalisation de son potentiel et des talents et le transfert aux générations futures. Une perspective qui propose de rompre avec la vision de consommateurs passifs pour lui substituer celle de « prosumers », consommateurs actifs, partie-prenantes, par exemple dans le cadre des Makers fairs qui se multiplient, des processus de conception et de réalisation des produits et services.

Proposée dans l’écrin vert de la « cité dans un jardin », l’intervention ne pouvait se terminer sur autre chose que l’invite iconoclaste d’une « learning expedition » au jardin botanique : la Nature comme source d’inspiration. « Dans la Nature, souligne Navi Radjou, tout est partagé. Il y a une sorte de symbiose industrielle. Chaque arbre, par exemple, produit 20 services qui bénéficient à son environnement ».

Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour) mercredi 12 octobre 2016
 
Le sujet des smart cities est l’un des centres d’intérêt privilégiés de la FCCS qui compte un comité dédié à ce sujet pour favoriser les échanges d’information, d’idées et d’intérêts dans ce domaine. En 2015, à l’initiative de la FCCS, un portfolio a été réalisé mettant en scène 150 French smart city solutions pour Singapour.
 

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Fin de "commuting party" chez Yahoo

Les afficionados du télétravail auront ce matin de Février une nouvelle raison de s'accrocher à leur table de cuisine. La nouvelle patronne de Yahoo, Marissa Mayer vient en effet de sonner la fin de la récré pour l'ensemble de ses employés qui travaillaient chez eux, que ce soit à temps plein ou seulement quelques jours par semaine. Ancienne de Google, qui ne pratique pas le télétravail, Marissa Mayer semble moins que convaincue des avantages de la formule. Au contraire, elle estime que c'est au travers des interactions quotidiennes à l'intérieur des équipes, dans les couloirs et à la cafétéria, que se font les échanges fructueux d'où naissent, parfois, des idées géniales.

Ce changement de politique étonne, venant d'un fleuron de la nouvelle économie. Il est vrai que l'entreprise est en pleine recherche d'elle-même. A ce titre, toutes les initiatives sont respectables. Même si, certains commentateurs évoquent, derrière cette incitation à revenir au bureau, une façon de dissuader certains... de continuer de travailler pour Yahoo; une manière de réduire ses effectifs qui a de l'élégance: passez donc au bureau, ou bien restez chez vous.

On regrettera le message, qui vient en décalage par rapport à une dynamique qu'on croyait d'autant plus légitime que les transports ne vont pas en s'améliorant, que le coût des bureaux ne va pas en diminuant et que les échanges se font de manière croissante en utilisant les outils de travail collaboratifs. A l'ère de la mondialisation, où les projets sont globaux et mobilisent des équipes virtuelles éclatées physiquement entre de multiples bureaux, on imagine mal que l'avenir d'une entreprise se joue dans la cafétéria du siège. Mais c'est peut-être aussi une bonne nouvelle: la preuve que le village planétaire reste organisé (avec des variantes selon les pays) autour de l'église, du bar et de la boulangerie.

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Création d'entreprise: solitude et réseau

Comme dans les courses à la voile, l’aventure de la création peut être tentée en équipage ou en solitaire. Mais alors que le choix de rester seul est, en matière de régate, guidé plutôt par la personnalité du skipper et par son degré d’expérience, la décision de créer son entreprise en solo est souvent liée à l’impossibilité de faire autrement (pas d’associé potentiel, pas de moyen) et ne concerne pas, loin s’en faut, que des personnes aguerries et cherchant la solitude. Pour les créateurs qui ne possèdent ni toutes les compétences requises dans le métier qu’ils abordent, ni l’envie d’avancer seul, ni l’énergie pour prendre en charge l’ensemble des dimensions de leur projet, le réseau peut se révéler non seulement un précieux support mais aussi un véritable avantage stratégique.

Demandez à un néo-entrepreneur ce qui, dans sa nouvelle situation, lui pèse le plus ; il répondra souvent : la solitude! Certes, cette singulière compagne a ses charmes - indépendance, autonomie, flexibilité -, et l’on ne s’étonne pas que les candidats à la création y succombent promptement, vivant les premiers mois une véritable lune de miel. Mais elle le fait payer ensuite bien cher. Le parcours du créateur est long, et semé d’une multitude d’embuches qui ne sont pas seulement administratives. Chef d’orchestre spontané, artiste et régisseur le créateur doit assumer tous les rôles, prendre en main chaque instrument, harmoniser l’ensemble, s’occuper de la régie, voire nettoyer la salle. Naviguant à vue sur une mer avare de repères et souvent peu nourricière, il s’éloigne, parfois très loin, des normes de l’emploi classique, et plus il s’égare plus il rencontre, de la part de ses proches, incompréhension et doute.

La vérité est qu’on a la compagne que l’on peut. Quand l’idée de création ne nait pas d’emblée de l’imagination de plusieurs, le créateur n’a guère les moyens de s’entourer, de faire appel aux conseils d’experts, de recruter et de partager les tâches. Pour l’ancien manager devenu entrepreneur, par exemple lors d'une mobilité internationale, le changement de perspective peut-être vertigineux: tous les supports dont il jouissait sans y penser se sont évaporés, ses relations d’affaires ne sont que de lointains souvenirs, et le temps même paraît se distendre, tantôt trop court pour ce que le créateur a à faire, tantôt démesurément long quand il s'agit de ce que d’autres ont promis.

Investir dans le réseau pour ne plus être seul

Face aux affres de la création et à la solitude du néo entrepreneur, le réseau constitue un moyen simple de se ressourcer, d’échanger avec d’autres et de partager ses expériences. Il permet encore de mettre certains moyens en commun ou d'initier des partenariats. Le premier avantage du réseau, c'est qu’il vous ressemble: vous êtes entre créateurs et pouvez vous honorer d’une mutuelle reconnaissance. Le second intérêt, c'est qu’il est gratuit, au moins dans un premier temps. Travailler en réseau permet d’apporter des réponses concrètes à des questions ou pseudo impasses cent fois ressassées. Le réseau est générateur d’informations. Il peut être un moyen d’approfondissement dans son parcours de créateur, voire dans son propre domaine d’expertise. Il peut enfin apporter des ressources et compétences qui brisent l’encerclement d’une activité toute entière construite sur la base de ses seuls talents.

Choisir son réseau

Choisir c'est toujours se priver, mais c'est aussi gagner du temps pour aller à l'essentiel. Les réseaux sont nombreux.Ils ont leurs propres usages et leur culture. Vous vous trouverez sans doute immédiatement à l'aise dans un réseau ou au contraire avec le sentiment d'un décalage. Choisissez celui qui vous convient. Ne craignez pas de ne pas participer aux réseaux soi-disant incontournables si ils ne vous attirent pas. Allez au contraire vers les personnes avec lesquelles vous avez des affinités, auprès desquelles vous vous sentez en confiance et avec qui vous trouverez logique de vous investir.

Quand le réseau devient lui-même une ressource stratégique

Lorsqu’il est solide, homogène mais divers, et organisé autour d’une activité commune, le réseau peut enfin révéler une dimension stratégique, inhérente à sa nature même. Songez, par exemple, à des consultants indépendants, tous installés à l’étranger et ayant créé leur propre activité. Ces derniers peuvent échanger, s’associer à plusieurs ou créer des partenariats qui porteront leurs offres respectives sur un territoire donné ou sur un ensemble de pays. Ils peuvent aussi mettre en valeur le réseau qu’ils ont formé et en offrir l’exploitation à d’autres sociétés qui, globales parce que leurs clients le sont, n’ont pas les moyens des plus grands cabinets, et ont pourtant besoin de relais locaux, partout où leurs clients leur demandent de réaliser des prestations.

A travers le réseau, un nouveau territoire s’offre donc aux créateurx. Il n’est certes pas simple à mettre en place, mais il est éminemment flexible et portable. Avis donc aux navigateurs solitaires qui rêvent d’une aventure en équipage.

 

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Singapour aide ses PME à développer leurs pratiques RH

SPRING Singapore et le SNEF ont mis en place un dispositif destiné à favoriser le développement des meilleures pratiques de management des Ressources Humaines dans les PME basées à Singapour.

SPRING est une agence dépendant du Ministère du Commerce et de l'Industrie de Singapour. Le SNEF est le syndicat des employeurs, l'équivalent à Singapour du MEDEF.

Le dispositif met à disposition des entreprises un toolkit très complet (synthèse des bonnes pratiques et bibliothèques d'outils et documents) couvrant les domaines suivants: gestion prévisionnelle des effectifs, recrutement, rémunérations et avantages sociaux, management de la performance, learning et développement, gestion de carrière, gestion des talents et succession planning, relations avec les employés. Le toolkit, gratuit, est téléchargeable sur le site hrcapability, sous forme de documents pdf.

Le toolkit est complété par une offre de formations destinées aux managers, assurées par des prestataires agréés.

Les entreprises bénéficient de subventions pour faire appel à des consultants sous la forme de vouchers.

A lire également: Singapour prend soin de ses PME (PIC- Productivity & Innovation credit)

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Les pays émergents télétravaillent plus

On savait l’Europe réticente. On imaginait les Etats Unis plus ouverts. Au final, c’est dans les pays émergents que le télétravail serait aujourd’hui le plus développé. En Asie, L’Inde et l’Indonésie sont en pointe ; le Japon et la Corée restent en retrait. Un effet de la congestion croissante du trafic routier ? Pas seulement.  Car s’il n’est pas rare de passer entre 3 et 4 heures pour aller et revenir du travail chaque jour à Jakarta, les embouteillages ne sont pas l’apanage des pays émergents.

Selon l’étude Ipsos Reuther, réalisée en Octobre 2011 dans 24 pays auprès d’un échantillon de 11383 personnes disposant à leur travail d’une connexion informatique, le télétravail concernerait 17 % des salariés « connectés », 7% télétravaillant tous les jours, les autres le faisant de manière régulière.

Les pays émergents, plus télétravailleurs

Surprise, c’est dans les pays émergents que la proportion des télétravailleurs est la plus forte :  27% au Moyen-Orient -Afrique, 25% en Amérique latine, 24% en Asie-Pacifique, mais seulement 9% en Amérique du Nord (Etats Unis,Canada) et en Europe (7% en France). Les champions du télétravail sont  l’Inde (56%), l’Indonésie (34%), le Mexique (30%), l’Argentine (29%), L’Afrique du Sud (28%) et la Turquie (27%). Les lanternes rouges sont la Hongrie (3%), l’Allemagne (5%), la Suède (6%), la France et l’Italie (7%) et le Canada (8%).

Le Télétravail, source de bonheur et de productivité...

Le télétravail est plébiscité. 34% des personnes interrogées indiquent qu’elles télétravailleraient volontiers à plein temps si elles en avaient la possibilité. Une très forte majorité (83%) sont plutôt d’avis que le télétravail permettrait aux femmes de talents de ne pas interrompre temporairement leur carrière pour élever les enfants. Elles estiment que les télétravailleurs sont moins stressés du fait d’une moindre perte de temps pour aller au travail et confirment que le télétravail permet de maintenir un meilleur équilibre entre travail et famille.Pour 2 personnes sur 3, le télétravail va dans le sens d’une plus grande productivité, parce qu’il permet au télétravailleur de le faire quand son l’attention est plus forte, et qu’il lui donne un plus grand contrôle sur son travail.

... mais aussi de tensions

Pour autant, 62% des personnes interrogées  admettent que le fait de ne pas voir ses collègues de manière régulière peut provoquer un sentiment d’isolement, que le télétravail peut avoir un impact négatif sur les perspectives de promotion et qu’il peut être source de tension, dans le foyer, lorsque les frontières entre famille et travail ne sont pas clairement délimitées. Par ailleurs, un tiers des personnes considèrent que les télétravailleurs ont tendance à être moins productifs du fait du manque de supervision et des risques de distraction familiale. 

Source: Ipsos Reuther- Press Release - The world of work: Global Study of online employees shows 1 in 5 (17%) works from elsewhere

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Se former en anglais en regardant des videos

2 jeunes Français formés à Stanford ont eu cette idée simple pour favoriser l'apprentissage de l'anglais: utiliser les videos disponibles sur internet (en l'occurence TED TALKS, mais il y en aura probablement beaucoup plus dans le futur) et les habiller d'outils de support simple: le sous titrage en français ou en anglais, l'explication de mots difficiles, des commentaires pour éclairer les références culturelles. L'utilisateur choisit son niveau de départ. Progressivement, il fait disparaître les assistances dès qu'il peut s'en passer.

Cette simple idée est hébergée sur un site bien fait qui est encore dans sa version beta. Découvrez-là en cliquant ici

A ce stade, le business model n'est probablement pas arrêté. Le site restera-t-il gratuit comme on peut l'espérer? Quoi qu'il en soit, cette création constitue une nouvelle brique disponible pour les personnes, voire les entreprises qui se préoccupent de construire des parcours de formation fondés sur des outils variés, attractifs et publics. Cette création montre que, dans le domaine de l'e-learning, les contenus sont souvent déja disponibles mais demandent avant tout à être intégrés dans un format`d'apprentissage. Et l'on se prend à imaginer des dispositifs de formation en ligne qui agrègeraient différentes solutions open source, où l'accent serait mis sur l'interface et non sur le développement de modules e-learning souvent coûteux et parfois décevants .

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Leadership au féminin, en Asie

L'Asia Society a livré récemment le résultat d'une étude sur le leadership au féminin en Asie. Dirigée par Astrid S Turminez, Vice Doyenne de la Recherche à la Lee Kuan Yew School of Public Policy à Singapour, cette étude, très documentée, décrit la situation contrastée de l'accès des femmes aux postes de direction dans les différents pays de la région, avec un constat global: les femmes en Asie sont toujours payées sensiblement moins que leurs homologues masculins; peu accèdent aux postes de Direction générale.

Parmi les principales conclusions de ce rapport:

L'accroissement de la richesse en Asie a réduit l'écart entre les hommes et les femmes dans de nombreux pays, notamment sur les terrains de la santé et de l'espérance de vie, de l 'accès à l'éducation, des opportunités économiques et de l'engagement politique. Mais la situation reste fortement contrastée: les pays où cet écart est le plus faible sont la Nouvelle Zélande, les Philippines, l'Australie, Sri Lanka et la Mongolie; ceux où les inégalités entre les genres sont les plus fortes sont le Pakistan, le Népal, l'Inde, la République de Corée et le Cambodge.

Concernant le leadership au féminin, les classements varient en fonction des critères qui sont mis en avant. D'une manière générale, ce sont la Nouvelle Zélande, l'Australie et les philippines qui se classent le mieux. Quand on prend en considération essentiellement les aspects économiques et les éléments tels que l'accès des femmes aux postes de management supérieur ou l'équité des niveaux de rémunération, ces 3 pays sont rejoints par Singapour, la Mongolie, la Thailande et la Malaisie. Dans le domaine politique (nombre de femmes au parlement, nombre de femmes ministres ou chefs d'Etat), la hiérarchie curieusement s'inverse, avec l'Inde, le Sri lanka et le Bangladesh figurant parmi les 5 pays les mieux placés; une situation que le rapport explique par le nombre de femmes qui sont devenues chef d'Etat dans ces pays pour des raisons d'appartenance familiale ou de liens dynastiques.

Le niveau de développement des pays semble, d'une manière générale, être un indicateur favorable à un accès accru des femmes à des postes de leadership. Mais cette analyse souffre de remarquables exceptions: celles du Japon et de la Corée, mal positionnés sur les critères du nombre de femmes dans les postes d'encadrement supérieur ou dans les conseils d'administration, d'égalité des rémunérations et d'engagement politique. Par ailleurs la Chine, Singapour et Hong Kong continuent d'afficher des déséquilibres importants.

En Asie, des mesures concrètes seraient nécessaires pour apporter des réponses aux "fuites du pipeline": beaucoup de femmes abandonnent leur activité lorsqu'elles sont en position d'évoluer de l'encadrement moyen vers des responsabilités de Direction. Ce taux d'abandon est de 70,24% au Japon, de 52,88% en Chine, de 48,83% à Hong Kong et de 45,9% à Singapour. Ces mesures, qui viseraient à faciliter le choix des femmes à poursuivre de carrière sans abandonner leur rôle de mère et de soutien de famille, pourraient prendre la forme de mentoring, de congés de maternité et paternité, de systèmes de garderie pour les enfants ou de soins aux plus agés, et de systèmes de retraite plus équitables entre les genres.

Le rapport met à ce titre un certain nombre de bonnes pratiques imaginées par certains Etats, des ONG ou des entreprises.

On y découvre par exemple, le dispositif de taxi partagé mis en place chez Google à Bangalore à l'intention de tous ses salariés, qui permet aux femmes partant après 20:00 d'être accompagnées d'une personne chargée de sa sécurité et d'être prioritaires par rapport aux autres passagers masculins, pour être déposées en premier à destination, quelque soit l'intinéraire.

 

►Télécharger le rapport "Rising to the top" sur le site de l'Asia Society: Women Leaders of New Asia

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I-phone à l'étranger, attention à l'appétit du 3G

iPhone

Les travailleurs nomades, quand ils ne peuvent prendre des abonnements internationaux, ont souvent recours, dans le pays visité, à l'utilisation de cartes prépayées. Attention aux déconvenues pour l'utilisateur d'I-phone car l'appétit du 3G risque fort de dévorer les crédits sitôt achetés, sans permettre aux intéressés d'accéder à une fonction aussi simple qu'essentielle: pouvoir téléphoner.

Pour continuer de téléphoner, l'utilisateur peut faire le choix d'utiliser un autre téléphone. S'il veut absolument utiliser son I-phone, il lui suffit de neutraliser le 3G. L'inconvenient est évidemment qu'il n'est plus possible de se connecter facilement à internet, mais la liaison wifi reste possible.

Comment le faire?

Aller sur Préférences/Géneral et désactiver la 3G

 

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Attractivité de la France. Un pas en avant, deux pas en arrière ?

Dans un monde globalisé où les entreprises se livrent une compétition acharnée pour attirer et retenir les meilleurs talents, on avait compris que l'on s'attachait à promouvoir les filières d'enseignement à la française, multipliant les partenariats à l'international et favorisant l'accueil des étudiants étrangers. La circulaire du 31 Mai 2011 visant à "maîtriser l'immigration professionnelle" remet en cause cette dynamique. L'enseignement supérieur résiste, mais l'attractivité de la France en sort affaiblie et il n'est pas certain que cela aille dans le sens d'une meilleure performance de nos entreprises et d'une amélioration de la situation de l'emploi. 

La circulaire du 31 Mai 2011

Co-signée par le Ministre de l'intérieur et le Ministre du Travail et de l'emploi, la circulaire exprime une intention louable: "compte tenu de l'impact sur l'emploi de l'une des crises économiques les plus sévères de l'histoire,..., la priorité doit être donnée à l'insertion professionnelle des demandeurs d'emploi aujourd'hui présents, qu'ils soient de nationalité française ou étrangère, résidant régulièrement en France". Mais elle met spécifiquement l'accent sur la nécessité de mettre en place un dispositif de contrôle renforcé pour les anciens étudiants qui veulent travailler:

"La procédure de changement de statut (étudiants demandant un titre de séjour professionnel) devra faire l'objet d'un contrôle approfondi. L'exception prévue pour les étudiants qui sollicitent une autorisation provisoire de séjour dans le cadre d'une recherche d'emploi doit rester rigoureusement limitée. Le fait d'avoir  séjourné régulièrement en France en tant qu'étudiant, salarié en mission ou titulaire d'une carte "compétences et talents" ne donne droit à aucune facilité particulière dans l'examen de la procédure de délivrance d'une autorisation de travail".

L'enseignement supérieur réagit

La conférence des grandes écoles, par la voix de son Président Pierre Tapie a immédiatement réagi: "la circulaire sur l'immigration professionnelle met en péril l'attractivité de la France" (interview sur le site educpros.fr). l'ancienne Ministre de l'Enseignement Supérieur, Valèrie Pecresse, se serait inquiétée auprès de Claude Guéant de "l'application qui semble faite de la circulaire du 31 Mai...aux étudiants étrangers non ressortissants de l'Union Européenne et diplômés de grandes écoles françaises qui souhaitent travailler dans notre pays".

La résistance s'organise

Le président de la conférence des grandes écoles a demandé aux directeurs des grandes écoles de recenser les cas d'étudiants se voyant refuser la possibilité de rester en France, à l'issue de leurs études, pour y débuter leur vie active. Les étudiants étrangers des mêmes grandes écoles se sont réunis au sein du "collectif 31 mai" et recensent, sur leur site, l'ensemble des difficultés rencontrées en application de ladite circulaire. Ils organisaient le 14 Octobre une cérémonie de remise de diplômes symboliques que les récipiendaires jetaient aussitot à la poubelle en scandant le nom de l'Ecole où ils ont étudié: ESSEC, Sciences Po, Centrale, Polytechnique...

Mais le mal est fait

Le magazine challenge (édition du 20 Octobre) rapportait l'expérience de plusieurs étudiants, diplômés des meilleures écoles d'ingénieurs ou de management françaises, qui se voyaient non seulement contraints de quitter la France, mais le faisait avec un sentiment d'humiliation et d'attente déçue au regard de l'idée qu'ils se faisaient de la France et de leur propre investissement. Quand la compétition entre les systèmes d'enseignement, désormais globale, est arbitrée par des systèmes de classements tels que celui de Shanghai, on imagine l'impact que peut avoir en Afrique, en Amérique Latine, en Inde ou en Chine un message du type "venez vous former en France, mais ne comptez pas y travailler ensuite".

Et on peine à imaginer que cela ait un impact positif sur l'emploi.

Il parait aberrant de se priver ainsi des talents qui viennent d'être formés. Des étudiants de haut niveau qui ont fait le choix de la France et ont vocation à en devenir les meilleurs ambassadeurs. Après les intéressés, les premières victimes de cette cacophonie sont les entreprises, qui voient s'évaporer sous leurs yeux un pool de talents étrangers, formés en France, si essentiels pour diversifier leurs équipes et supporter leur développement à l'international. A terme, la baisse d'attractivité de la France ne manquera pas d'être un lourd handicap dont on voit mal comment il pourrait avoir un effet positif sur l'emploi.

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HEC Lausanne fête ses 100 ans à Singapour

A l'occasion de son 100ème anniversaire, HEC Lausanne organisait le 21 Octobre, à Singapour, une conférence sur le thème de la Finance responsable. Un thème dont l’école Suisse a fait une marque distinctive : "responsible learning, responsible leading". L’opportunité d'y retrouver les représentants de la très active communauté des Suisses à Singapour, étudiants et anciens élèves de HEC Lausanne, responsables d'entreprise et partenaires de Swissnex.

Dans le paysage des Ecoles de Commerce européenne, HEC Lausanne, avec 2000 étudiants, est une école de taille modeste, qui vante la tranquillité de son campus et la proximité des professeurs avec leurs étudiants,... tout en tissant un impressionnant réseau de partenariats à l'international. L’ambition de l’Ecole, réaffirmée par Maia Wentland, Doyen associé, en ouverture de la soirée, est «de former de futurs leaders responsables, créateurs de valeur durable aussi bien pour l’entreprise que pour la société en général». A Singapour, HEC Lausanne a mis en place un partenariat avec NUS qui permet d'accueillir les étudiants de HEC sur le campus de Singapour pour y réaliser une partie de leur scolarité.

La conférence que l'école organisait le 21 Octobre, en partenariat avec Swissnex, sur la Finance responsable, était à son image: simple et instructive, multipliant les perspectives concrètes sur un sujet de forte actualité, avec les interventions de Michael Rockinger (HEC Lausanne), sur la Finance responsable, de Robert Fleming (NUS) sur la Responsabilité Sociale des Entreprises et de David Evans (Banque UBS) sur la Philanthropie en Asie.

Co-organisateur de la soirée, Swissnex est une plateforme créée à l'initiative du Secrétariat d'Etat à l'Education et à la Recherche en partenariat avec le Ministère des Affaires Etrangères qui regroupe les différentes parties prenantes -Gouvernement, institutions académiques, centres de recherche et entreprises- impliquées dans le rayonnement de la Suisse à l’international. Signe des temps: 3 des 5 bureaux du réseau Swissnex dans le monde se situent en Asie: à Singapour, Shanghai et Bangalore. A Singapour, Swissnex organise des évènements -"planet solar","graduate networking"-, facilite les initiatives de coopération dans les domaines de l'enseignement et de la recherche, supporte le développement des start ups et offre des opportunités de stages aux jeunes diplomés des institutions suisses.

A Singapour, la communauté Suisse représentait, en 2010, 2520 personnes. Elle est en progression constante, à l'instar de la communauté Suisse dans le monde (plus de 700 000 Suisses vivent à l'Etranger) et, notamment, en Asie-Pacifique: 3500 Suisses sont installés en Chine, 797 en Inde, 921 en Indonésie, 1517 au Japon, 705 en Malaisie, 122 au Laos, 2807 aux Philippines, 294 à Taiwan, 6140 en Thailande, 511 au Vietnam, 23076 en Australie et 6700 en Nouvelle Zélande. Dans le domaine des affaires, Swiss business Singapore, anime la communauté des entreprises suisses à Singapour. On y retrouve les filiales des grandes marques suisses - Audemars Piguet, Chopard, Crédit Suisse, Firmenich, Hilti, Mövenpick, Nestlé, Novartis, Rolex, Ricola, Zurich Insurance - mais aussi un impressionnant tissu de start up et de petites et moyennes entreprises.

Articles parus dans Lepetitjournal:

Plus d'information sur la communauté Suisse à Singapour et en Asie:

 

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