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EDUCATION - Le grand dessein de la Strate School of Design à Singapour

Championne de la French Touch dans le domaine du design, Strate School of Design, l’une des meilleures écoles au monde, s’installe à Singapour en y implantant un campus en partenariat avec SIM Global Education. L’occasion de revenir avec Jacques Malz, Directeur de l’Ecole à Singapour, sur les raisons du succès du design comme parcours de formation et comme outil de transformation de la société, ainsi que sur les enjeux particuliers qui lui sont attachés à Singapour dans le cadre du concept de Smart city. 
 
Qu’est-ce que le concept de design recouvre concrètement ?

Jacques Malz - Le design pâtit souvent d’un problème de représentation sémantique dans la mesure où il est spontanément associé au design intérieur ou à l’idée de beauté de l’objet. Le design va au-delà de cela. Il est un état d’esprit et une méthode de résolution de problèmes. Tous les problèmes, qu’ils soient grands ou petits, de nature privée ou publique, professionnels ou personnels.  Le design est une méthodologie iconoclaste et une pratique. Il procède en commençant par questionner et déconstruire la réalité pour donner libre cours à la créativité, avec comme objectif ultime, la recherche de solutions concrètes. Les designers sont des personnes ayant une forte ouverture sur le monde qui veulent apporter une contribution, en donnant des clés de lecture simples pour lire et vivre des réalités de plus en plus complexes.

En quoi le design est-il au cœur des transformations de la société?

- Le monde change. Le design est une des clés, sinon la clé pour anticiper une vie meilleure au service des citoyens. Je cite ici le Premier ministre Lee Hsien Loong lors du lancement du programme Smart Nation : ‘Construire une Nation, non pas sur le nombre de citoyens, mais par une culture et un état d’esprit basés sur l’expérience. (..) par une approche disruptive (..) en poussant en permanence les limites du possible’. Difficile de trouver une meilleure illustration du rôle-pivot du Design dans la transformation des sociétés.

A titre d’exemples, dans le secteur des transports ou dans celui de l’énergie, pour ne citer que ces deux domaines, nous sommes en train de vivre une formidable dynamique de changement qui aura un impact déterminant dans notre vie de citadin. Le métier des constructeurs automobiles se transforme. De fabricants de véhicules, ils doivent évoluer vers le statut de concepteurs de mobilité, notamment en prenant en compte tout ce qui touche à l’intermodalité. Sur le plan énergétique, Il y a un mouvement de fond des producteurs et fournisseurs d’énergies traditionnelles vers les énergies renouvelables et des systèmes de distribution énergétique intelligents. .
Ces entreprises ont bien compris que la réussite de leur stratégie de transformation passe par l’intégration du Design, de la conception à la réalisation.
Strate School of Design a annoncé qu’elle allait s’installer à Singapour.  Quelle forme va prendre cette installation ?
- Le projet d’installation de Strate à Singapour est à la fois la première extension internationale de l'école et le premier exemple de croissance organique au sein du groupe Galileo Global Education, qui opère en France sous le nom de Studialis. Concrètement, il s’agit d’ouvrir un campus à Singapour dans les locaux du Singapore Institute of Management (UniSIM).  Le projet comprend deux axes : un axe de formation initiale avec l’organisation d’un programme de Master en Design au sein de SIM Global Education (démarrage fin 2017), et un axe de formation permanente (Executive Education) dans le domaine du design thinking et de l’innovation.

La French Touch est-elle une référence dans le domaine du design ?

- Strate revendique la French Touch dans le domaine du design. Il y a une singularité française dans ce domaine qui est liée au mix de l’excellence de l’ingénierie, de la culture et de l’esthétique à la française, à la confrontation d’idées, et à la France comme pays des droits de l’homme.

Pourquoi Singapour ?

- Parce que, en plus d’être un living lab, il y a une volonté politique et les ressources économiques associées. En clair, il s'agit une expérience grandeur nature des projets de l’homme dans la ville. Et dans des conditions d’efficacité que, nous, résidents à Singapour, connaissons bien.
Le design constitue par ailleurs la pierre angulaire du projet gouvernemental de smart nation. Cette dynamique est activement soutenue par le gouvernement qui, en partenariat notamment avec des entreprises françaises, développe des solutions permettant d’exploiter les Big Data et des systèmes de données complexes. L’un des exemples récents est le partenariat avec Dassault Systèmes, qui a entièrement modélisé en 3D un quartier de Singapour, créant ainsi un formidable outil d’aide à la décision dans les domaines de la planification urbaine, du développement des infrastructures ou la conception de systèmes de transports multimodaux. Avec cet outil, Il est désormais possible de simuler en 3D l’impact, à l’échelle par exemple d’un immeuble, de solutions de type solaire ou  végétalisation, en croisant les variables avec des données sociologiques, topographiques ou météorologiques. Mais la vision de la Cité, et les processus de décisions passent par le projet collaboratif avec les designers. De A à Z.
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Singapour a la réputation de se donner rapidement les moyens de ses ambitions. Comment procède-t-elle dans le domaine du design, particulièrement sur le plan éducatif ?

- A l’origine, il y a eu, au début des années 2000, une réflexion stratégique du gouvernement avec pour objectif de mettre l’innovation et le Design au cœur du développement de la Nation.  De fait, il y a eu la création du National Design Centre, celle de programmes dédiés dans les établissements d’enseignement supérieur et même la création d’une université spécialisée orientée vers le design industriel, la SUTD - Singapore University of Technology and Design-, fondée en partenariat avec le prestigieux MIT. Dans l’ensemble, les formations proposées sont essentiellement de niveau BTS (dans les Polytechnics) ou Bachelor.

Le 31 août dernier, Strate a signé un partenariat avec Social Innovation Park (SIP) dans le domaine de l’innovation sociale. De quoi s’agit-il ?

- Il s’agit d’être au cœur de l’innovation sociale par la méthodologie du design. C’est un partenariat très dynamique qui se traduit effectivement par des actions et des projets. SIP aide Strate à constituer des « Focus groups » dans le cadre de projets pour nos entreprises partenaires. Parallèlement, Strate forme les cadres et les partenaires de SIP à sa méthodologie du Design Thinking. A titre d’exemple il y aura prochainement une expérience permettant aux voyants de faire, en grandeur réelle, l’expérience des non-voyants dans un parcours mixte piéton-transports en commun. Y participera le Ministre du Transport et de l’Education.

Vous venez de rejoindre Strate comme directeur du campus de Singapour. Qu’est-ce qui vous a séduit dans cette aventure ?

- A titre personnel je suis extrêmement attaché à ce projet d’implantation de Strate à Singapour, car j’ai toujours eu la conviction que le projet de société harmonieuse passe par le projet éducatif. A cet égard, le design constitue une forme de synthèse heureuse entre mon expérience professionnelle acquise pendant 20 ans dans le monde industriel et mon aspiration à participer à un projet de société. Le design fait appel aux sciences humaines, au management et à la technique. Il permet de projeter un avenir meilleur sur tous les compartiments de la vie. Cette nouvelle responsabilité me transcende. Elle est la synthèse de mon éducation, de ma culture et de mon expérience. Je peux l’utiliser dans tous ses aspects, sans restriction ni censure.
Propos recueillis par Bertrand Fouquoire (www.lepetitjournal.com/singapour) mardi 15 novembre 2016
 
Encadré : Strate School of Design - « Rendre le monde plus simple, plus juste, plus beau. »

Créée en 1993, Strate était au départ une école de design industriel. Elle a rapidement évolué pour prendre en compte le design comme une méthode  stratégique de l’innovation et de la transformation.
L’école compte plusieurs programmes de formations : un master en 5 ans de Designer, plusieurs masters, dont deux enseignés en anglais, ou un Bachelor modelage 3D, une compétence très demandée, particulièrement dans le secteur de l’automobile et du luxe.
Strate possède à ce jour 38 programmes d’échanges internationaux avec les meilleurs Universités ou écoles de Design. Strate possède également une offre de Masters en Recherche ou de Spécialisation, avec des partenaires comme Arts et Métiers ParisTech, Telecom ParisTech, l’Institut d’Optique (ex SupOptique) ou Paris Diderot.
L’école fait partie du top 60 mondial des écoles de design dans le classement de Business Week. Elle est l’une des 5 meilleures du monde dans le segment particulier des transports et de la mobilité.
Elle fait partie du Groupe Galileo Global Education, spécialisé dans l’enseignement supérieur, dont la marque en France, Studialis, regroupe des écoles telles que la Paris School of Business (management), Penninghen (Arts Design graphiques) ou le Cours Florent (théâtre).

Quel parcours l’école offre-t-elle aux étudiants ?

Jacques Malz - Il s’agit d’un campus plus que d’une école. Elle dispose bien sûr d’un Computer Lab (graphisme, 3D, RA/RV,…) mais aussi d’un Fab Lab où les étudiants viennent travailler les différentes matières en utilisant imprimantes 3D, machines de découpe laser et ou outils à commande numérique (CNC). Le projet de l’école est de placer les étudiants en interaction permanente entre cours et pratique. Une très forte proportion des professeurs est constituée de professionnels reconnus. Dans le cadre de leur cursus, les étudiants multiplient les occasions d’être exposés aux contraintes et enjeux véritables des entreprises. C’est une formation au design en action. Pour illustration, Par exemple les étudiants sont appelés à réaliser en petits groupes des missions jusqu’à 5 mois, à partir de « briefs » d’entreprises ; le cahier des charges leur demandant de restituer à l’entreprise concernée 5 ou 6 solutions abouties.
Strate travaille aussi avec des incubateurs de start-up tels que Schoolab, en France, au travers du programme CPI (Centrale-Supelec, Strate et ESSEC), qui permet à des équipes mixtes de travailler pendant 6 mois sur des projets opérationnels et projectifs. A l’issue de nos formations, beaucoup d’étudiants se lancent en créant leur start-up.

Pourquoi se former au design aujourd’hui ?
- C’est une filière en pleine expansion, au sortir de laquelle les jeunes diplômés n’ont aucun souci d’insertion professionnelle. De plus en plus, les dirigeants ont compris que le design était est la clé de la réussite aussi bien sur le plan stratégique qu’opérationnel. La formation des designers est conçue comme la formation des leaders et dirigeants des entreprises et institutions de demain.

Qu’est-ce qu’on y apprend ?

- Au sein de l’école de design, les étudiants apprennent à imaginer un futur vivable et heureux en intégrant les dimensions de l’innovation et du changement. Il s’agit de les préparer à concevoir et appréhender les transformations qui se déroulent sous nos yeux. Dans le cadre de leur cursus Master en 5 ans, les étudiants doivent, à partir de la 3eme année, choisir un enseignement de spécialité (majeure) parmi les suivantes : Produit, Mobilité, Interaction, Espaces, Identité (Branding), Immersion (Réalité Virtuelle, Réalité augmentée. ).
Le cursus comprend, pour au moins 1/3 du syllabus, des enseignements dans des domaines tels que les sciences humaines, la sociologie, l’ethnologie, la sémiologie, le management et la culture générale. Un accent très fort est aussi mis sur la communication, car il n’y a pas de bon projet sans un bon pitch. Il s’agit d’associer la technique à une approche philosophique de l’univers. C’est la formation de l’honnête homme moderne, mais en moins naïf, parce que les étudiants sont en prise continue avec le monde industriel et qu’il s’agit de délivrer.
Mais concevoir et délivrer des solutions d’avenir, sans observer le monde actuel, a peu de sens. Par exemple, un groupe de 16 de nos étudiants, parrainé par un groupe de luxe français, est ainsi parti, sans brief ultra précis, pour un voyage de 3 mois en Inde au terme duquel il s’agit d’identifier des pistes d’innovation frugale.

Comment intègre-t-on l'école?

L’école forme des jeunes, pour l’essentiel recrutés après le bac. La nouvelle promotion 2016 accueille 120 étudiants. Bien sûr, les passerelles académiques (admissions parallèles) existent pour les titulaires de certains diplômes (Mastère 1, etc.). L’école est ouverte à tous les parcours. Les étudiants doivent démontrer une capacité à s’intéresser aux enjeux du monde. Dans les faits, ce qui compte avant tout,  c’est la personnalité de l’élève.

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Singapour n°8 - Côté mer

Singapour  n° 8 - Coté mer

Rêve de lieux branchés et cosy, de tissus légers,  de paysages ensoleillés tendrement rafraichis par la brise et l’ombre des banyans. Rêve d’une ile tropicale, dont les plages de sable blanc s’étireraient à l’infini pour se perdre ensuite avec le ciel et la mer. Rêve de mer aux eaux turquoises, de farniente et de sports nautiques.  Et si la relation de Singapour avec la mer était plus complexe que cela?

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Singapour N°5- Les habits verts de la smart city

Singapour- Les habits verts de la smart city

Au sommaire de ce numéro un dossier de 18 pages sur les habits verts de la smart city, qui donne la parole à l’Ambassadeur de France, Benjamin Dubertret, sur ce qu’il faut attendre et ne pas attendre de la COP 21, et s’attache à mettre en perspective les réussites, mais aussi certains paradoxes, de Singapour, dans le domaine de l’environnement.

La formule change. Si la rubrique « les Français à Singapour » qui présente la formidable aventure de The Blue Circle dans le domaine de l’énergie éolienne s’inscrit dans la continuité du dossier, les autres rubriques sont désormais complètement indépendantes. A découvrir dans « Singapour autrement »,  l’histoire d’une saga familiale singapourienne, celle d’Amoy Canning, spécialiste de la sauce soja, ou bien le portrait de John Tan, paysagiste à Kranji. A lire encore, dans la rubrique « Culture », une passionnant décryptage de l’histoire « coupée en deux » du Cinéma singapourien par Raphaël Millet. A regarder : un dossier photo sur Geylang.
Lire en ligne et télécharger sur ISSUU
Le magazine SINGAPOUR est une nouvelle publication de l'édition du site lepetitjournal.com/singapour.  Dossiers déjà publés: la culture (N°1- Singapour, Cité de la Renaissance), l'architecture et l'urbanisme (N°2), Les 50 glorieuses (N°3), Tourisme - 15 millions de consommateurs (N°4), Les Habits verts de la smart city (N°5). Publication 3 fois par an en Février, Mai et Novembre. Magazine en français tiré à 4000 exemplaires.

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LES 50 GLORIEUSES- N°3 spécial du magazine SINGAPOUR

Le Troisième numéro du magazine SINGAPOUR vient de sortir, avec un dossier central, clin d’œil au 30 glorieuses, consacré aux 50 années qui ont fait le Singapour d’aujourd’hui . Le magazine 100 % Red Dot du lepetitjournal.com est gratuit. A lire et à faire passer pour cultiver l'art de vivre dans la Cité-Etat.
50 années, 50 glorieuses.
La formule de Jean Fourastié n’a pas pris une ride pour décrire la fabuleuse période de croissance et de transformation qu’a connu Singapour depuis son indépendance.
Petite Red Dot à l’extrémité de la péninsule malaise, la cité Etat s’est,  grâce à ses fondateurs, et au premier chef, à Lee Kuan Yew qui, de 1959 à 1990, à été à la tête du pays, inventé un destin autonome qu’elle n’avait pas souhaité. Elle a magistralement transformé l’essai, faisant de ses faiblesses un avantage, jouant à fond l’intégration dans le jeu mondial, planifiant tout et se réinventant sans cesse. A voir ce qu’elle est aujourd’hui, on peine à imaginer la réalité en 1965, ni les difficultés auxquelles elle s’est trouvée confrontée en chemin. Singapour, en 2015, brille sur tous les fronts. Mais à l’instar des 30 glorieuses ailleurs, la cinquantaine marque le passage à une certaine maturité.... 
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Le magazine SINGAPOUR est une nouvelle publication de l'édition du site lepetitjournal.com/singapour.  Dossiers déjà publés: la culture (N°1- Singapour, Cité de la Renaissance), l'architecture et l'urbanisme (N°2) et les 50 glorieuses (N°3). Publication 3 fois par an en Février, Mai et Novembre. Magazine en français tiré à 4000 exemplaires.

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SINGAPOUR n°2 - La cité dans un jardin

Publication du n°2 du magazine Singapour, supplément papier de lepetitjournal.com/Singapour, avec un dossier consacré à l'Architecture et l'urbanisme.
De la « cité jardin » à la « cité dans un jardin ».
Glissement subtil d’une formule vers une autre. La première est de Lee Kuan Yew, la seconde de Lee Hsien Loong en 2011. Dans les deux cas, les formules font rêver. Il y a, dans la juxtaposition des mots Cité et Jardin, un je ne sais quoi d’Alphonse Allais qui titille l’imagination.
Pour le télécharger: Cliquer ici

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LANCEMENT du magazine SINGAPOUR

C’est un tout nouveau magazine, édité par lepetitjournal.com/singapour, disponible ici, dans sa version pdf. Le principe : un magazine compact, dense et gratuit, 3 fois par an, organisé autour d’un dossier central.
Pour son premier numéro, le magazine SINGAPOUR, dont j'ai le plaisir de coordonner la rédaction, consacre un dossier à la culture: Singapour, cité de la Renaissance?
Un sujet passionnant tant la manière dont le paysage culturel s’est développé et continue de le faire à Singapour est impressionnante. La culture dans la cité-Etat est remarquable par son effervescence qui déjoue tous les poncifs sur "la ville où l’on s’ennuie". Singapour brille aujourd’hui par la multiplicité de ses espaces dédiés à la culture sous toutes ses formes et à l’abondance de sa programmation. La culture à Singapour est aussi d’autant plus passionnante qu’elle se développe dans un cadre qui reste contraignant et qu’elle met en concurrence une certaine vision de la culture, globale et largement anglophone, avec les cultures traditionnelles voire d’autres formes d’expression artistique, plus spontanées et en dehors du courant dominant.
Pour télécharger le magazine: cliquer sur ce lien
 

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LIVRE: Ma première expatriation

Il y a toujours une première fois, où se mêlent envie et crainte, inexpérience et enthousiasme. J'ai eu le plaisir de co-rédiger avec Stéphanie Talleux, aux éditions Studyrama, un livre consacré à cette "première fois"; s'agissant en l'occurence d'expatriation.

La vie à l'étranger attire et les media en France s'émeuvent de manière régulière d'une prétendue vague d'émigration massive de nos jeunes élites. La réalité est que la génération Y considère désormais que son terrain de jeu est mondial mais que la population des Français vivant à l'étranger, bien qu'en forte croissance, reste modeste, se concentrant en Europe, en Amérique du Nord et dans les pays du Maghreb. Que la nouvelle génération ait la mobilité dans les gènes est plutôt, dans notre esprit, une excellente chose, d'autant plus que la demande des entreprises, grandes et petites, ne faiblit pas, bien au contraire.

Pour les jeunes qui contemplent un premier parcours à l'étranger ou songent d'emblée à y faire carrière, le paysage de l'expatriation s'est profondément transformé par rapport à celui qu'ont connu leurs aînés. Les opportunités sont nombreuses mais elles sont rarement luxueuses. Dans leur appétit d'international, les expatriés de la génération Y sont souvent prêts à se lancer sans filet. Raison de plus pour bien préparer leur projet.

Dans la préparation de cet ouvrage, nous avons rencontré un très grand nombre de jeunes expatriés et d'experts de la mobilité. Ce livre leur doit beaucoup tant il est la synthèse de leurs expériences bonnes et mauvaises, sur le terrain, telles qu'ils nous les ont livrées. Nous nous sommes efforcés d'en faire ressortir les meilleures pratiques à l'usage des candidats à l'expatriation. Ces derniers trouveront d'ailleurs dans ce livre de quoi donner du corps à leur projet et des conseils, étape par étape, pour le mettre en oeuvre avec succès.

Le livre Ma première expatriation est à paraître le 2 Septembre 2013, aux Editions Studyrama.

Un grand merci à tous ceux qui ont partagé avec nous leur expérience et à Stéphanie Talleux, coach et auteur de conjoint d'expatrié: votre carrière continue avec qui cela a été un bonheur de travailler sur ce projet.

OUR SINGAPORE CONVERSATION: consultation exemplaire

Pressé par les tensions sociales inhabituelles que l'inflation, la surpopulation dans les transports et la cohabitation avec les étrangers  avait suscité dans la société, le gouvernement de Singapour a lancé en août 2012 une grande consultation, OUR SINGAPORE CONVERSATION, dont l'objectif est de co-construire une vision commune de la société singapourienne de demain.

Singapour est souvent admirable, mais la société singapourienne agace parfois par un coté "boyscout" largement entretenu par le paternalisme du gouvernement. On pouvait dès lors être sceptique sur l'intérêt de ce grand dialogue initié à grand bruit et dont les média ont commencé séance tenante à amplifier les effets. S'agirait-il d'une conversation aimable où l'on tendrait aux tensions l'opportunité d'une catharsis indolore? A l'arrivée pourtant, l'évidence s'impose. La démarche a mobilisé 47.000 personnes dans le cadre de plus de 600 réunions. Elle débouche sur des conclusions claires et ambitieuses dans des domaines qui n'étaient pas, loin s'en faut, tous prévisibles.

Concrètement, la consultation a dégagé 8 perspectives majeures que le Gouvernement, par la voix de son Premier ministre, dans 2 discours au mois d'août, a repris à son compte et intégré dans ses priorités d'action: une société avec diverses définitions du succès (le gouvernement s'apprête à réformer l'examen de fin d'études primaire PSLE, pour limiter la focalisation sur les matières intellectuelles et donner plus de poids aux qualités de résilience, personnalité et leadership dans la sélection pour le Secondaire), un singapour qui offre un rythme de vie plus satisfaisant, un singapour avec une économie forte et active, une société qui donne du poids à la famille, un singapour ou la vie courante est accessible (le gouvernement vient d'annoncer une extension des primes d'accession à la propriété, dans le cadre du programme HDB) , une société dans laquelle tout le monde peut vieillir avec dignité (là encore, le gouvernement étend le bénfice de la couverture medishield pour en faire une véritable couverture obligatoire et universelle), une société qui prend soin des défavorisés, une société qui a un plus grand sens du vivre ensemble, un singapour pour les singapouriens, une société dans laquelle citoyens et gouvernement ont une relation plus collaborative, une société ancrée sur les valeurs, un singapour avec un gouvernement compétent et digne de confiance.

La MARQUE FRANCE vaut bien aussi une consultation

On se prend à rêver d'une démarche semblable en France quand, dans une forme de rêve éveillé, on découvre pareil procédé pour construire la MARQUE FRANCE.

Courons donc sur la toile pour participer nous aussi, professionnels ou particuliers, à cette opportunité unique de co-construire à travers une "image" l'idée même de ce que nous rêvons que la France devienne pour les futures générations.

C'est ici:

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le travailleur, la Rolls et la glace au durian

C’est un Premier Ministre empathique et pédagogue qui s’adressait le 1er Mai aux forces vives de la nation Singapourienne. Si les thèmes abordés - flexibilité, attractivité et compétitivité – ne prétendaient pas surprendre, la forme de l’adresse, simple et illustrée - une marque de fabrique à Singapour – , en disait, elle, beaucoup sur l’histoire racontée aux Singapouriens de la petite red dot immergée dans le bain de la compétition.

S’adressant aux travailleurs et à leurs représentants, il était logique que le Premier Ministre Lee Siehn Loong place au cœur de son discours les acteurs du monde du travail, insistant sur le fait que « tout ce que fait le gouvernement vise à améliorer la vie de la population et singulièrement celle des travailleurs ». Le Premier Ministre a rappelé les travaux d’infrastructure engagés pour réduire les tensions dans le logement et les transports. Il n’a pas manqué non plus d’évoquer les questions touchant à la population, y compris celles touchant à l’immigration et aux travailleurs étrangers. « des questions sensibles et difficiles, mais que le Gouvernement s’oblige à adresser »

Des thèmes  classiques : flexibilité, attractivité et compétitivité.

Flexibilité dans le domaine de l’emploi, au travers d’une politique de soutien à l’emploi et au réemploi des travailleurs seniors. Avec le Retirement & re-employment Act, le gouvernement de Singapour encourage l’emploi des travailleurs de plus de 50 ans et le ré-emploi jusqu’à 65 ans des plus de 62 ans, en prenant en charge une partie du salaire des intéressés. Une approche volontairement pragmatique : on met en place, on regarde comment cela fonctionne et, en fonction des résultats, on se donne les moyens d’aller plus loin. Cela dépend, rappelle le Premier Ministre, de la santé des personnes, des exigences des emplois et des besoins des entreprises. En contrepartie, les travailleurs seniors sont invités à faire preuve eux-mêmes de flexibilité. Comprendre : accepter d’éventuelles baisses de statut et de responsabilité.

Attractivité et compétitivité. Présentées comme les conditions essentielles de la croissance et d’un éventuel partage de ses bénéfices entre les travailleurs (augmentation de salaires) et les autres parties prenantes. Démonstration : les syndicats demandent qu’on augmente les salaires. Mais cela n’est possible que s’il y a croissance. Comment assurer la croissance ? Réponse en 3 points : 1- Attirer des investissements de qualité et créer de meilleurs emplois. 2- augmenter la productivité, restructurer l’économie domestique. 3- Investir dans le futur et les gens.

Un schéma narratif sur le mode de la fable

C’est à ce point du discours que le style change et que le Premier Ministre commence à raconter plusieurs histoires. Un schéma narratif, sur le modèle de la fable, pour renforcer la cohésion et soutenir le changement : quand le travailleur singapourien est invité à s’inspirer de Rolls Royce et de l’artisan local, marchand de glaces au durian, qui automatise ses processus pour répondre avec succès à la demande.

L’entreprise Rolls Royce, raconte ainsi le Premier Ministre, est présente à Singapour depuis plus de 50 ans. Elle a ouvert l’an dernier le Seletar Campus dans le Seletar Aerospace Park où sont produits les dernières versions des pales de réacteur. L’usine de Singapour est le seul site de production desdites pales de en dehors du siège de Rolls Royce à Derby. Le site fabrique les pales de réacteur, assemble et teste les moteurs pour les airbus (dont l’A380). Il emploie des travailleurs très qualifiés : 650 aujourd’hui, avec une prévision de 770 à la fin de l’année, dont 85% de locaux. Ces derniers ont été formés à Singapour dans les Instituts techniques (ITE) les Instituts polytechniques et les Universités. Embauchés par Rolls Royce, ils ont reçu une formation complémentaire et sont allés en stage à Derby. Singapour a co-financé ces formations. Non seulement ils ont ramené à Singapour le savoir faire acquis à Derby, mais ils ont été capables d’apporter des améliorations qui ont elles-mêmes été mises en œuvre à Derby. Ce faisant Singapour non seulement se maintient aux avants postes de la technologie mais démontre sa capacité à aller au delà. La présence de Rolls Royce à Singapour crée par ailleurs de l’emploi pour de multiples PME, sous-traitants et entreprises de logistique. Une histoire qui illustre la nécessité vitale pour Singapour de rester attractive aux investisseurs et de ne pas leur envoyer le mauvais signal. Les investisseurs, poursuit le Premier Ministre, interpellent ouvertement l’EDB (Economic Development Board) « est-ce que le resserrement de l’emploi des étrangers constitue un tournant fondamental ? accueillez vous toujours les investisseurs étrangers ? Etes-vous toujours pro-business ? Voulez-vous toujours que nous venions ? Car si ce n’est pas le cas, ne perdons pas de temps à discuter ».

La seconde histoire est celle de Udders Ice cream, une entreprise locale, fabriquant d’admirables glaces sur un mode artisanal. Un mode artisanal qui précisément limite sa capacité à adapter le volume de sa production à la demande. Grâce au support de Spring Singapore et de l’IRAS (Inland Revenue Authority of Singapore), l’entreprise a pu automatiser sa fabrication. Le personnel a été divisé par 2. L’entreprise a fait des gains d’espace. Les travailleurs ont été associés au partage des gains. Une invite là encore à investir dans le développement de la productivité, par la formation et l’investissement. Les progrès dans le domaine de la productivité, souligne le Premier Ministre restent faibles : « Nous ne sommes qu’à 70% du niveau du Japon, des Etats Unis, de la Suisse ou de la Suède ».

Une histoire de robots pour terminer, celle du million de robots que l’usine Foxconn a l’intention d’introduire dans ses usines, en Chine. Ainsi conclut le Premier Ministre : « nos concurrents, ce ne sont pas les travailleurs chinois, ce sont les robots chinois. Nous devons maîtriser cette technologie et nous investissons dans ce sens ».

Source: Straits Times "keeping Singapore ahead of the competition", 3 Mai 2013

 

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David Chambat, créateur de Villa-Bali

Rencontre, à Singapour, avec David Chambat, le créateur de Villa-Bali.com et Daniel Rouquette, son responsable Marketing. Créé en Août 2012, Villa-Bali est un site qui référence plus de 300 villas à louer à Bali pour les vacances. Intermédiaire entre les vacanciers, à la recherche d'une idée de séjour autonome mais confortable sur l'ile indonésienne, et les propriétaires, soucieux de mettre en avant leur villa, le site a d'emblée remporté un succès qui permet à ses créateurs d'envisager des déclinaisons vers d'autres destinations en Asie.

- Comment est née l’idée de ce site ?

DC : j’ai moi-même failli acheter une villa. Un projet que j’ai finalement abandonné faute d’obtenir le permis de construire. A cette occasion j’avais imaginé faire un site sur ma future villa et remarqué qu’internet regorgeait de sites de qualité très moyenne sur Bali. Travaillant à ce moment-là pour un site internet d’hôtels, j’ai très vite acheté le nom de domaine Villa-Bali.com.  J’ai embauché Daniel et un Développeur et nous avons construit ensemble rapidement la plateforme. Il semble qu’il y avait un besoin car avant même que le site soit en ligne je recevais de nombreux appels de gens qui voulaient venir à Bali mais ne trouvaient pas un site qui leur permette de le faire de manière simple et sécurisée.

-Quel avantage le site présente-t-il pour ceux qui cherchent une villa à Bali?

DC: C’est lié à la difficulté de la location à distance. Quand on est en contact direct avec un propriétaire ou au travers d’un site généraliste, on est contraint de verser des arrhes sans bien savoir à qui on les envoie. Il y a toujours la possibilité d’une arnaque: que la villa louée n’existe pas. Notre avantage est que nous sélectionnons chaque villa qui est référencée sur le site. Le fait d’être basé à Singapour est aussi un élément qui rassure. C’est un argument précieux auprès des singapouriens qui restent étonnamment méfiants vis à vis des transactions financières sur internet. C’est amusant car, ils préfèrent souvent venir nous voir pour payer ; une manière de voir à quoi on ressemble et s’ils peuvent avoir confiance.

- Qui sont les propriétaires de villas à Bali ?

DC: parmi les propriétaires des villas que nous référençons, il y a beaucoup d’Australiens, de Néerlandais, ou de Français. Ils s’installent dans des régions différentes. Les Néerlandais, par exemple, privilégient le Nord de l’île, tandis que les français apprécient davantage Seminyak et Ubud. Les profils sont très variés. Parmi les Français, il y a un ancien proviseur de Lycée Français, Breton d’origine, qui a progressivement investi dans plusieurs villas, parce qu’il est tombé amoureux de l’Indonésie. Il y a aussi des architectes ou encore un charpentier, spécialiste du bois et de la construction écologique.

- Quelles sont leurs motivations ?

DR : il y a globalement 3 types d’investisseurs à Bali : l’entrepreneur, l’architecte et l’expat-vacancier. L’entrepreneur achète une ou plusieurs villas dans l’optique de créer une affaire dans la location de vacances. L’architecte vient à Bali attiré par l’opportunité d’exercer son métier dans un environnement privilégié et de réaliser de belles villas. Enfin, l’expat-vacancier, c’est l’expatrié qui vit en famille à Singapour ou dans la région, qui décide de construire sa maison de vacances. Le projet peut évoluer. Un jeune trentenaire, basé à Singapour, a d’abord fait construire pour lui une villa à Bali. Il vient d’y installer sa mère de 75 ans.

- Pourquoi choisissent-ils Bali ?

DC- Parce que l’endroit fait rêver et que les villas qu’on peut y construire sont des maisons ouvertes. Elles offrent souvent des vues magnifiques sur la mer ou sur les rizières. C’est un investissement plaisir. Bali jouit d’une image très favorable en France. L’Indonésie d’une manière générale est largement présentée en France comme un nouvel eldorado et de nombreuses personnes viennent s’installer dans le pays, par besoin de bouger ou pour trouver un emploi.  

Vu à la télé : des retraités de Courbevoie s’installant à Bali

DR : Il suffit d’un documentaire bien fait à la télévision pour que l’intérêt augmente. Dans une émission récente, TF 1 dans le Sept à Huit avait mis en scène le changement de vie d’un couple de retraités, quittant l’environnement maussade de Courbevoie pour venir s’installer à Bali. Le site Villa-Bali.com a connu instantanément un boom de visiteurs. Beaucoup de Maisons de retraite se construisent également à Bali, notamment à l’initiative des Japonais. La destination Bali est associée à une image de luxe, alors qu’elle est bien moins chère que l’Ile Maurice. Elle fait rêver. Il y a de surcroît sur place une infrastructure de qualité, particulièrement dans le domaine des services. Bali cultive son image écolo, avec la possibilité de pratiquer le Yoga ou la méditation, l’investissement dans la nourriture biologique,…

- Est-ce que le fait que le propriétaire soit Australien, Singapourien, Néerlandais ou Français influe sur Le style des villas qu’il fait construire ?

DR : Pas vraiment. Ce qui ressort en premier lieu, c’est le style Balinais. En revanche, les propriétaires qui occupent leur villa investissent beaucoup d’eux-mêmes dans la décoration.

- Pour ces propriétaires, l’investissement est-il une affaire de plaisir ou de rentabilité ?

DC : à la base, l’investissement à Bali part toujours d’un coup de cœur. On n’investit pas à Bali pour des motifs exclusivement financiers. Tout simplement d’ailleurs parce que ce n’est pas le meilleur placement qui soit. Les risques sont nombreux sur le plan juridique et fiscal. La rentabilité n’est pas exceptionnelle. Les prix ont beaucoup augmenté. Il y a 3 ans, il était possible de faire construire une belle villa avec une mise de fond de 250 000€. Aujourd’hui il faut investir le double pour une villa de 4-5 chambres. On ne peut pas emprunter il faut financer la totalité de son acquisition en cash, pour ne pas dire en espèces. Il y a aussi de nombreuses contraintes. Il n’est plus possible de construire des villas dans certaines zones. La hauteur des bâtiments, où que ce soit, ne peut dépasser celle des cocotiers alentours. On ne peut pas construire sur les rivières ou les falaises. Enfin, la principale difficulté à Bali est liée au droit de propriété. Un étranger ne peut devenir propriétaire d’un terrain ou d’une villa à Bali. Il ne peut le faire qu’au travers de l’utilisation d’un prête nom, une pratique risquée sur laquelle de nombreux investisseurs se sont brûlés les ailes, ou bien en passant par des baux de longue durée.

Quels types de relations avez-vous avec les propriétaires des villas qui sont présentes sur votre site ?

DR : on les voit de manière régulière. Ils apprécient souvent qu’on leur transmette le feedback de leurs clients.  On travaille aussi beaucoup ensemble sur la présentation des Villas sur notre site. On s’aperçoit par exemple que les photos ont un très fort impact. Il arrive que de très belles villas soient boudées simplement parce que les photos ne sont pas avantageuses. C’est un art difficile que de réaliser ces photos d’intérieur. Les photographes qui savent le faire à Bali sont rares et ils le savent, les tarifs sont donc souvent élevés.

Concernant votre parcours personnel, dans quelles circonstances êtes-vous devenu entrepreneur?

DC : avant de créer villa-bali, j'ai eu un parcours de cadre dirigeant chez Air France KLM, où j'étais responsable d'un pays. La vie d'un cadre dans une grande structure est difficile. J'avais envie de remettre les mains sur le volant, de réaliser des choses que j'avais envie de faire. Ce qui change quand on devient entrepreneur ce n'est pas le volume de travail, car on travaille énormément, mais c'est qu 'on n'a plus l'impression de travailler. C'est vrai aussi dans la sphère familiale. J'ai 2 enfants de 11 et 9 ans. Depuis que j'ai lancé villa-bali, ils s'intéressent beaucoup et nous discutons souvent de ce que je fais.

 

 

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