Leadership au féminin, en Asie

L'Asia Society a livré récemment le résultat d'une étude sur le leadership au féminin en Asie. Dirigée par Astrid S Turminez, Vice Doyenne de la Recherche à la Lee Kuan Yew School of Public Policy à Singapour, cette étude, très documentée, décrit la situation contrastée de l'accès des femmes aux postes de direction dans les différents pays de la région, avec un constat global: les femmes en Asie sont toujours payées sensiblement moins que leurs homologues masculins; peu accèdent aux postes de Direction générale.

Parmi les principales conclusions de ce rapport:

L'accroissement de la richesse en Asie a réduit l'écart entre les hommes et les femmes dans de nombreux pays, notamment sur les terrains de la santé et de l'espérance de vie, de l 'accès à l'éducation, des opportunités économiques et de l'engagement politique. Mais la situation reste fortement contrastée: les pays où cet écart est le plus faible sont la Nouvelle Zélande, les Philippines, l'Australie, Sri Lanka et la Mongolie; ceux où les inégalités entre les genres sont les plus fortes sont le Pakistan, le Népal, l'Inde, la République de Corée et le Cambodge.

Concernant le leadership au féminin, les classements varient en fonction des critères qui sont mis en avant. D'une manière générale, ce sont la Nouvelle Zélande, l'Australie et les philippines qui se classent le mieux. Quand on prend en considération essentiellement les aspects économiques et les éléments tels que l'accès des femmes aux postes de management supérieur ou l'équité des niveaux de rémunération, ces 3 pays sont rejoints par Singapour, la Mongolie, la Thailande et la Malaisie. Dans le domaine politique (nombre de femmes au parlement, nombre de femmes ministres ou chefs d'Etat), la hiérarchie curieusement s'inverse, avec l'Inde, le Sri lanka et le Bangladesh figurant parmi les 5 pays les mieux placés; une situation que le rapport explique par le nombre de femmes qui sont devenues chef d'Etat dans ces pays pour des raisons d'appartenance familiale ou de liens dynastiques.

Le niveau de développement des pays semble, d'une manière générale, être un indicateur favorable à un accès accru des femmes à des postes de leadership. Mais cette analyse souffre de remarquables exceptions: celles du Japon et de la Corée, mal positionnés sur les critères du nombre de femmes dans les postes d'encadrement supérieur ou dans les conseils d'administration, d'égalité des rémunérations et d'engagement politique. Par ailleurs la Chine, Singapour et Hong Kong continuent d'afficher des déséquilibres importants.

En Asie, des mesures concrètes seraient nécessaires pour apporter des réponses aux "fuites du pipeline": beaucoup de femmes abandonnent leur activité lorsqu'elles sont en position d'évoluer de l'encadrement moyen vers des responsabilités de Direction. Ce taux d'abandon est de 70,24% au Japon, de 52,88% en Chine, de 48,83% à Hong Kong et de 45,9% à Singapour. Ces mesures, qui viseraient à faciliter le choix des femmes à poursuivre de carrière sans abandonner leur rôle de mère et de soutien de famille, pourraient prendre la forme de mentoring, de congés de maternité et paternité, de systèmes de garderie pour les enfants ou de soins aux plus agés, et de systèmes de retraite plus équitables entre les genres.

Le rapport met à ce titre un certain nombre de bonnes pratiques imaginées par certains Etats, des ONG ou des entreprises.

On y découvre par exemple, le dispositif de taxi partagé mis en place chez Google à Bangalore à l'intention de tous ses salariés, qui permet aux femmes partant après 20:00 d'être accompagnées d'une personne chargée de sa sécurité et d'être prioritaires par rapport aux autres passagers masculins, pour être déposées en premier à destination, quelque soit l'intinéraire.

 

►Télécharger le rapport "Rising to the top" sur le site de l'Asia Society: Women Leaders of New Asia

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