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Quand les chauffeurs de bus Chinois font grève à Singapour

Dans l’univers policé de Singapour, chaque poussée de fièvre prend rapidement l’allure d’un tsunami et pour l’ex-usager Parisien vivant à Singapour, trop habitué aux débrayages dans les transports publics, il y avait matière à s’étonner et s’instruire dans la manière dont la grève de 190 chauffeurs de bus chinois à mis en émoi la communauté Singapourienne, le Gouvernement, les syndicats et même l’Ambassade de Chine.

Scandale dans la cité Etat où le consensus fait traditionnellement loi: près de 200 chauffeurs de Bus du SMRT (la compagnie de transport public de Singapour) avaient décidé le lundi 26 Novembre de ne pas rejoindre leur poste, pour appuyer leurs revendications salariales; une première depuis 26 ans. La réaction ne s’est pas fait attendre : qualifiée d’illégale, la grève des chauffeurs de bus Chinois a immédiatement précipité le Gouvernement dans l’arène, avec une déclaration ferme du Ministre Adjoint du travail : «  Le Ministère du travail comprend les demandes des chauffeurs de Bus. Nous comptons sur la société SMRT pour y répondre. Cependant, quelles que soient leurs doléances, ce qu’ont fait ces travailleurs est illégal. Il y a des manières correctes et incorrectes de traiter ces problèmes. Ne pas respecter la loi n’est pas admissible. Les travailleurs ont perturbé le service des transports et l’harmonie sociale de Singapour. Nous avons une tolérance 0 pour de telles actions réprimées par la Loi. »

De fait, la Loi à Singapour (Criminal Law-Temporary Provisions- Act) prévoit que les travailleurs intervenant dans les services publics considérés essentiels doivent respecter un préavis de 14 jours avant de déclencher une grève, sauf à encourir le risque d’une amende de 2000SGD et/ou une peine de prison pouvant aller jusqu’à un an.

Ce qui frappe dans la gestion et le traitement médiatique du conflit, ce n’est pas le caractère illégal du débrayage. Après tout, les lois françaises contiennent des dispositions comparables pour restreindre les « conflits sauvages » et le temps n’est pas si loin où les négociations sur un service minimum, en cas de grève dans les transports publics, étaient au centre des débats entre le Gouvernement Français, la RATP et les syndicats. Ce qui est marquant, c’est l’ampleur des réactions, la qualité des acteurs et le positionnement surprenant de la NTUC, la confédération des syndicats à Singapour.

Etonnantes, les réactions le sont par leur ampleur, qu'il s'agisse de l’intervention du Gouvernement et le recours immédiat aux forces de police, ou des débats dans les forums, dans lesquels certains messages exprimaient une nouvelle fois l'exaspération de leurs auteurs face à ces problèmes qu'ils considèrent importés dans la cité Etat par les travailleurs étrangers. Surprenante également, la prise de position de la NTUC, qui s’est d’emblée rangée aux cotés du gouvernement, condamnant "l’action illégale", pour mieux rappeler que les grévistes n’étaient pas syndiqués et mettre en avant l’intérêt de la représentation syndicale pour garantir les conditions d’un dialogue social constructif et respectueux des intérêts de chacun.

Quant au fond, il montre une réalité qui ne laisse pas d’étonner, lorsqu’on apprend que le mouvement spontané des chauffeurs de bus chinois, s’est déclenché après qu’ils eussent constaté, le Vendredi précédent que l’augmentation de salaire attendue n’apparaissait pas sur leurs feuilles de paie et que les chauffeurs de bus bénéficient d’un traitement sensiblement différents, en termes de niveau de salaire, d’augmentation, et de conditions de vie, selon qu’ils sont Singapouriens, Malaisiens ou Chinois. Le Quotidien Straits Times, dans son édition du 28 Novembre, rapportait ainsi que la direction de SMRT avait depuis le mois de Juillet demandé aux chauffeurs de bus de travailler 6 jours par semaine au lieu de 5 et que cette augmentation du temps de travail avait été compensée par des augmentations de 75 SGD pour les chinois, de 150 SGD pour les Malaisiens et de 425 SGD pour les Singapouriens.

Il ne manquait pour que le tableau soit complet que l’intervention de la Chine, laquelle, apprenait-on le Mercredi, a fait savoir au Ministère du Travail de Singapour, par l’intermédiaire de son Ambassade sur place, qu’elle suivait attentivement le traitement fait à ses ressortissants.

NB :

(Ajouté le 3 Déc 2012) Au dernières nouvelles, 29 "participants actifs" auraient fait l'objet d'une expulsion, leur permis de travail étant révoqués. Un cinquième des participants devraient être inculpés, au titre du Criminal Law (Temporary provisions) Act pour "participation hostile et aggressive". Les 150 autres, qui "auraient montré du remord ou auraient été contraints à participer" devraient recevoir un avertissement mais conserveraient leur emploi.

(Ajouté le 20 Déc 2012) Autre perspective intéressante: le traitement de la situation par les media locaux, Straits times et Today. Les 2 journaux ont publiés de nombreux articles sur le sujet. Le Strait Times a réalisé un reportage présentant la vie des travailleurs étrangers interviewés dans leurs dortoirs. Un autre reportage mettait en avant la manière dont SMRT recrutait en Chine, avec le témoignage des candidats racontant leur rêve de venir travailler à Singapour. Un troisième enfin s'appuyait sur une enquête, réalisée à Singapour, où l'on interrogeait les usagers sur la base de la question suivante: "seriez-vous d'accord pour que le SMRT augmente les tarifs des usagers pour augmenter les salaires des chauffeurs chinois".

Le Straits Times et Today, dans leurs éditions du 15 Décembre, donnaient la parole au Responsable de la confédération syndicale NTUC, Lim Swee Say. Celui-ci commentait les revendications des travailleurs étrangers en déclarant que " l'égalité de rémunération désavantagerait les travailleurs locaux et leurs familles, qui doivent supporter le coût de la vie à Singapour, alors qu'une grande partie de ce que les travailleurs étrangers gagnent est renvoyé par les intéressés à leurs familles qui vivent dans des pays où le coût de la vie est sensiblement plus faible". Justifiant les différences de rémunération, le patron des Syndicats à Singapour poursuivait sa démonstration en indiquant que les travailleurs sont payés en fonction de leur durée d'emploi. A ce titre, souligne-t-il, les travailleurs de Malaisie, constituent une source traditionnelle de recrutement, et se caractérisent par le fait qu'ils restent durablement à Singapour, voire s'y installent définitivement, comparativement à d'autres nationalités dont l'engagement à Singapour ne vaut que pour une durée limitée. En second lieu, remarquait-il, les salaires desdits travailleurs étrangers ne représentent qu'une partie des coûts supportés par les employeurs, puisque s'ajoutent la taxe liée à l'emploi des travailleurs étrangers (Foreign workers Levy) et selon les cas, le transport, le logement ou d'autres formes de prise en charge.

 

 

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Faut-il craindre l'expatriation des talents?

La question est récurrente. Elle hante les couloirs du Parlement, des ministères et des institutions d’enseignement,… faut-il laisser faire, voire encourager l’expatriation des talents ? Donner aux jeunes, que ce soit au travers des études ou d’un VIE, l’opportunité de découvrir le monde et d’y prendre goût, ne revient-il pas, en définitive, à se tirer une balle dans le pied?

Erasmus, double cursus, année de césure, stage, post doc, Work-holiday pass, VIE, autant d’opportunités offertes aux étudiants et jeunes professionnels de se frotter à l’inconnu, de démystifier l’international, d’éteindre leurs dernières craintes et réticences pour l’expatriation. Autant de pousse au crime diront d’autres dans la guerre des talents. Les jeunes concernés sont les premiers à le reconnaître, c’est au travers de telles expériences qu’ils ont attrapé le « virus » de l’expatriation. Ils sont enthousiastes. On s’en félicite, satisfait de voir cette jeunesse, plus polyglotte, plus mobile, plus ouverte que les générations précédentes, se préparer ainsi à des carrières qui ne peuvent plus faire abstraction d’un monde globalisé. Mais que penser à l’inverse d’une expatriation qui signifierait fuite, exil, oubli du pays d’origine, adoption d’un nouveau pays ou d’une vie apatride ?

Ce qui pose problème ce n’est pas de partir pour découvrir, c’est de partir pour de mauvaises raisons, d’oublier ses racines, de partir pour ne plus revenir. Dans ces circonstances, le départ de nos meilleurs talents à l’étranger constitue  en effet un gâchis. Mais la question, déjà, ne peut plus être de retenir ou d’empêcher de partir. Que penser d’une équipe de France, dont les joueurs ne connaitraient que le championnat national. Ces derniers ne seraient-ils pas rapidement décrochés sur le terrain plus vaste de la compétition mondiale ? La vraie question n’est-elle pas désormais, tout en favorisant le départ des jeunes à l’étranger, de trouver les moyens de leur donner une image dynamique de la  France, l’envie d’y revenir ou d’entreprendre,  si ce n’est sur son sol, au moins en relation avec elle ?

D’abord réussir l’expérience internationale

De nombreux jeunes partent aujourd’hui à l’étranger par goût de l’international, épris d’aventure, la tête pleine de projets. D’autres le font par défaut, forcés à l’exil par la conjoncture morose en Europe. On comprend aisément que l’atmosphère générale à Singapour ou à Shanghai paraisse plus légère qu’à Paris ou Londres. Le dynamisme des pays émergents, en Amérique Latine et en Asie exerce logiquement un pouvoir d’attraction pour les jeunes professionnels.  Même ralentie, la croissance en Asie reste vive et  les opportunités nombreuses. Les jeunes expatriés y trouvent un terrain ouvert à leurs ambitions, où ils peuvent travailler, se développer, entreprendre et échapper aux frilosités de ce que l’on a pris l’habitude d’appeler le vieux continent. Mais tout n’est pas facile. Certains bricolent sur le plan professionnel et pratique, d’autres ont plus de chance, d’autres encore finissent par renoncer.  C’est important de les aider, et les opportunités- stages, VIE,..- précitées vont dans ce sens.  Pour tous, l’essentiel est d’abord que l’expérience à l’étranger soit réussie. Il faut donner une mission aux jeunes professionnels hors de France, construire les bases d’une équipe de France, faire connaître leurs succès et faire reconnaître qu’ils sont aussi ceux de la collectivité.  Et s’il s’agit enfin de faire revenir les talents, il faut que le jeune professionnel, quand il revient, le fasse pour de bonnes raisons, porté par une riche expérience, attiré par la possibilité de voir cette expérience reconnue et valorisée. Le pire serait que ne reviennent que ceux qui sont forcés de le faire tandis que ceux qui ont les moyens de rester, pérennisent leur situation d’expatrié par rejet du contexte en Europe et de ses rigidités.

Ensuite entretenir l’attractivité du retour

Les enquêtes menées auprès des expatriés le soulignent de manière régulière, l’étape de l’expatriation qui est la moins bien gérée est celle du retour. C’est vrai des entreprises quand elles n’anticipent pas et sont incapables de proposer à leurs expatriés des opportunités stimulantes dans le pays d’accueil. C’est vrai des intéressés et de leur famille confrontés souvent à une forme d’expatriation à l’envers quand ils reviennent dans leur pays. C’est vrai encore à l’échelle du pays quand l’expérience à l’étranger est sous valorisée, jugée décalée voire suspectée d’arrogance, ou quand les opportunités paraissent rares et que là où les jeunes ont fait l’expérience du mouvement ils ne voient plus qu’immobilités. Il faut refonder l’attractivité du pays, substituer à la tentation de la démission, qui consisterait à se considérer comme un pays vieux, celle d’un pays riche de sa qualité de vie, de ses valeurs et de ses solidarités, de sa culture et de ses réussites technologiques. Lors de son séjour à Singapour, le Premier Ministre Jean Marc Ayrault, s’adressant à la communauté des français, rappelait que c’est un mal bien français que de voir ses défauts avant de reconnaître ce qui fait aussi son génie.  A cet égard, la guerre des talents se joue tous les jours et sur tous les fronts, et il revient à chaque français, en France ou à l’étranger de mettre mieux en avant les aspects les plus dynamiques de l’image de son pays.

Et attirer les jeunes talents étrangers

L’attractivité de la France à l’égard de ses nationaux est indissociable de sa capacité de manière réciproque à attirer les meilleurs jeunes talents étrangers. Malgré les efforts des grandes écoles et universités sur ce terrain, il n’est pas toujours certain que tout soit fait pour que les jeunes professionnels étrangers trouvent en France le moyen d’entreprendre et travailler. Si les jeunes français sont attirés par l’international c’est aussi qu’ils y apprécient, aux Etats Unis et ailleurs, les écosystèmes qui favorisent les échanges de savoirs et d’expérience. Autant générer de telles opportunités en France dans le cadre de clusters rassemblant des jeunes talents de multiples nationalités.

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Comment Singapour contrôle le recours aux salariés étrangers

A Singapour, le gouvernement est tiraillé entre le souci de garantir les conditions de la croissance et la pression de sa population pour limiter l'afflux des travailleurs étrangers. Pour contrôler les flux migratoires et son impact sur le marché de l'emploi, il impose aux entreprises le respect de quotas pour l'embauche de travailleurs étrangers (Worker-Pass et S-Pass) ainsi que le versement d'une contribution spécifique (levy).

Décryptage:

De quoi s’agit-il ?

A Singapour, les entreprises qui emploient des travailleurs étrangers en Work pass et S-Pass* sont soumises à un système de quotas et au versement d’une contribution spécifique (levy).Les quotas sont gérés par le MOM. Ils sont variables selon les secteurs d’activité et calculés en proportion des locaux (Singapouriens et PR) employés à temps plein. La contribution versée (levy) est également variable selon les secteurs d’activités. Le taux du levy est par ailleurs croissant en fonction du taux d’utilisation par une entreprise de son quota (plus une entreprise utilise son quota, plus le taux applicable est élevé).

La reconnaissance du temps plein est fondée sur le niveau de salaire de chaque individu : s’il gagne plus de 850 S$/ mois il est comptabilisé comme une personne à temps plein ; s’il gagne entre 425 et 850 S$, il est comptabilisé sur la base d’un mi-temps. 2 mi-temps correspondent à un temps complet. En pratique, le quota d’une entreprise est réactualisé tous les mois sur la base des contributions CPF (Central Provident Fund) de l’entreprise au cours des 3 mois précédents, avec un décalage d’un mois ( par exemple la période de Mars à Juin, pour le quota du mois d’Aout).

Quels sont les quotas et levys applicables dans les différentes situations ?

Les titulaires de S-pass sont gérés comme une subdivision des Travailleurs étrangers et sont soumis à un quota et à un levy spécifiques: ils ne peuvent représenter plus de 20% de l’ensemble des salariés.

En ce qui concerne les salariés étrangers en général les quotas sont les suivants :

  • Construction  et transformation: 87,5% soit la possibilité d’employer 7 travailleurs étrangers (en Worker pass ou en S-pass)  pour chaque salarié local.
  • Marine : 83,3 % soit la possibilité d’employer 5 travailleurs étrangers (en Worker pass ou en S-pass)  pour chaque salarié local
  • Fabrication : 60% soit la possibilité d’employer 1,5 travailleurs étrangers (en Worker pass ou en S-pass)  pour chaque salarié local
  • Services : 45% soit la possibilité d’employer 0,82 % de travailleurs étrangers (en Worker pass ou en S-pass)  pour chaque salarié local

Cf tableau ci-après (source MOM) :

Que se passe-t-il si une entreprise excède son quota ?

L'entreprise qui excède son quota s’expose à se voir refuser les nouvelles demandes de visa ou les demandes de renouvellement de visa.  Si le dépassement est permanent, le MOM peut-même décider d’annuler les visas en excédent.

note:* les E-Pass ne sont pas concernés et ne sont pas pris en compte dans les calculs

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Quand les Conseillers du Commerce Extérieur à Singapour se présentent

On connait bien à l'étranger l'ambassade et les services consulaires, Ubifrance et la chambre de commerce. On connaît souvent mal l'institution des CCE, Conseillers du Commerce Extérieur de la France. Pourtant, ces dirigeants d'entreprises grandes et moyennes à l'étranger sont au coeur du dispositif de promotion des activités françaises à l'exportation: l'information et le conseil des Pouvoirs Publics sur le contexte économique et social du pays, l'aide aux entreprises et le support au développement des VIE (Volontariat International Entreprise). 

A Singapour, les CCE ont décidé de se faire mieux connaître pour développer leur actions auprès des entrepreneurs et chefs d'entreprise soucieux de développer leurs activités dans la région. Ils le font en video, chaque conseiller présentant son parcours et les domaines d'expertise pour lesquels ils vous offrent de faire appel à eux.

Et comme à l'intérieur de cette galerie de portraits, il en est un qu'on préfère, on vous propose de commencer par celui-là:

Retrouvez toutes les autres videos sur youtube:

Mission 1: Conseiller les Pouvoirs Publics

Mission 2: Accompagner les entreprises

Mission 3: Former et aider à l'emploi

 

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Singapour aide ses PME à développer leurs pratiques RH

SPRING Singapore et le SNEF ont mis en place un dispositif destiné à favoriser le développement des meilleures pratiques de management des Ressources Humaines dans les PME basées à Singapour.

SPRING est une agence dépendant du Ministère du Commerce et de l'Industrie de Singapour. Le SNEF est le syndicat des employeurs, l'équivalent à Singapour du MEDEF.

Le dispositif met à disposition des entreprises un toolkit très complet (synthèse des bonnes pratiques et bibliothèques d'outils et documents) couvrant les domaines suivants: gestion prévisionnelle des effectifs, recrutement, rémunérations et avantages sociaux, management de la performance, learning et développement, gestion de carrière, gestion des talents et succession planning, relations avec les employés. Le toolkit, gratuit, est téléchargeable sur le site hrcapability, sous forme de documents pdf.

Le toolkit est complété par une offre de formations destinées aux managers, assurées par des prestataires agréés.

Les entreprises bénéficient de subventions pour faire appel à des consultants sous la forme de vouchers.

A lire également: Singapour prend soin de ses PME (PIC- Productivity & Innovation credit)

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Vous vivez à Singapour? Lisez Lepetitjournal

Pour la communauté francophone de Singapour Lepetitjournal est le media d'information privilégié: Actualité à Singapour, Communauté francophone, Economie, Sortir , Culture et Informations pratiques. Si, vous installant à Singapour, vous ne connaissez pas encore Lepetitjournal, nous vous invitons à le découvrir et à vous abonner (gratuitement) à sa newsletter quotidienne. 

Depuis plusieurs années, Equipaje collabore avec Lepetitjournal Singapour, pour lequel nous rédigeons des articles sur l'économie, l'emploi et la culture à Singapour.

Bonne lecture

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Les pays émergents télétravaillent plus

On savait l’Europe réticente. On imaginait les Etats Unis plus ouverts. Au final, c’est dans les pays émergents que le télétravail serait aujourd’hui le plus développé. En Asie, L’Inde et l’Indonésie sont en pointe ; le Japon et la Corée restent en retrait. Un effet de la congestion croissante du trafic routier ? Pas seulement.  Car s’il n’est pas rare de passer entre 3 et 4 heures pour aller et revenir du travail chaque jour à Jakarta, les embouteillages ne sont pas l’apanage des pays émergents.

Selon l’étude Ipsos Reuther, réalisée en Octobre 2011 dans 24 pays auprès d’un échantillon de 11383 personnes disposant à leur travail d’une connexion informatique, le télétravail concernerait 17 % des salariés « connectés », 7% télétravaillant tous les jours, les autres le faisant de manière régulière.

Les pays émergents, plus télétravailleurs

Surprise, c’est dans les pays émergents que la proportion des télétravailleurs est la plus forte :  27% au Moyen-Orient -Afrique, 25% en Amérique latine, 24% en Asie-Pacifique, mais seulement 9% en Amérique du Nord (Etats Unis,Canada) et en Europe (7% en France). Les champions du télétravail sont  l’Inde (56%), l’Indonésie (34%), le Mexique (30%), l’Argentine (29%), L’Afrique du Sud (28%) et la Turquie (27%). Les lanternes rouges sont la Hongrie (3%), l’Allemagne (5%), la Suède (6%), la France et l’Italie (7%) et le Canada (8%).

Le Télétravail, source de bonheur et de productivité...

Le télétravail est plébiscité. 34% des personnes interrogées indiquent qu’elles télétravailleraient volontiers à plein temps si elles en avaient la possibilité. Une très forte majorité (83%) sont plutôt d’avis que le télétravail permettrait aux femmes de talents de ne pas interrompre temporairement leur carrière pour élever les enfants. Elles estiment que les télétravailleurs sont moins stressés du fait d’une moindre perte de temps pour aller au travail et confirment que le télétravail permet de maintenir un meilleur équilibre entre travail et famille.Pour 2 personnes sur 3, le télétravail va dans le sens d’une plus grande productivité, parce qu’il permet au télétravailleur de le faire quand son l’attention est plus forte, et qu’il lui donne un plus grand contrôle sur son travail.

... mais aussi de tensions

Pour autant, 62% des personnes interrogées  admettent que le fait de ne pas voir ses collègues de manière régulière peut provoquer un sentiment d’isolement, que le télétravail peut avoir un impact négatif sur les perspectives de promotion et qu’il peut être source de tension, dans le foyer, lorsque les frontières entre famille et travail ne sont pas clairement délimitées. Par ailleurs, un tiers des personnes considèrent que les télétravailleurs ont tendance à être moins productifs du fait du manque de supervision et des risques de distraction familiale. 

Source: Ipsos Reuther- Press Release - The world of work: Global Study of online employees shows 1 in 5 (17%) works from elsewhere

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France: taxation des non résidents

La "loi de finances rectificative", en cours de discussion à l'Assemblée Nationale, prévoit que les ménages qui n'habitent pas en France payeront des prélèvements sociaux de 15,5% sur les loyers qu'ils perçoivent de leurs propriétés en France, ainsi que sur la plus value issue de la vente de ces biens. Ces prélèvements sociaux s'ajouteraient à l'impôt sur le revenu que les non résidents payaient déjà.

Le projet de loi prévoit également la suppression de la gratuité des frais de scolarité pour les Français fréquentant un établissement français à l'étranger.

source: Assemblée Nationale Projet de Loi n°71 - art 25 et art 30

 

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Célébrer la diversité au travail

Pour célébrer l'harmonie entre les cultures au travail, le Ministère du Travail de Singapour* encourage les entreprises à organiser, dans le courant du mois de Juillet, un jour de la diversité dans leurs établissements à Singapour.

L'une des manières de mettre cette diversité en avant, suggère-t-il, est d'inviter les salariés à venir travailler ce jour là, habillés dans leurs costumes traditionnels.

Singapour a fait de la diversité et de l'harmonie interculturelle au travail une marque de fabrique aussi bien qu'un avantage distinctif. "Un environnement de travail harmonieux, dans lequel les collègues se comprennent et se respectent mutuellement, est vital pour garantir une bonne activité" peut-on lire sur le site du MOM "célébrer l'harmony entre les cultures est pour les entreprises un manière d'aider à promouvoir des valeurs telles que la compréhension mutuelle, le respect et l'intégration au travail. Des activités peuvent être organisées pour aider les salariés à mieux comprendre les cultures, croyances et pratiques des autres".

* MOM: Ministry of Manpower

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Se former en anglais en regardant des videos

2 jeunes Français formés à Stanford ont eu cette idée simple pour favoriser l'apprentissage de l'anglais: utiliser les videos disponibles sur internet (en l'occurence TED TALKS, mais il y en aura probablement beaucoup plus dans le futur) et les habiller d'outils de support simple: le sous titrage en français ou en anglais, l'explication de mots difficiles, des commentaires pour éclairer les références culturelles. L'utilisateur choisit son niveau de départ. Progressivement, il fait disparaître les assistances dès qu'il peut s'en passer.

Cette simple idée est hébergée sur un site bien fait qui est encore dans sa version beta. Découvrez-là en cliquant ici

A ce stade, le business model n'est probablement pas arrêté. Le site restera-t-il gratuit comme on peut l'espérer? Quoi qu'il en soit, cette création constitue une nouvelle brique disponible pour les personnes, voire les entreprises qui se préoccupent de construire des parcours de formation fondés sur des outils variés, attractifs et publics. Cette création montre que, dans le domaine de l'e-learning, les contenus sont souvent déja disponibles mais demandent avant tout à être intégrés dans un format`d'apprentissage. Et l'on se prend à imaginer des dispositifs de formation en ligne qui agrègeraient différentes solutions open source, où l'accent serait mis sur l'interface et non sur le développement de modules e-learning souvent coûteux et parfois décevants .

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